Ca commence fort, avec LA période qui m'a détruite...et dont je ne serais jamais sortie sans mes véritables Amis...
[ Le suicide, ce n'est pas vouloir mourir, c'est vouloir disparaître. ]
[Georges Perros]
Et c'est une belle connerie aussi !
1 an (et même un peu plus) de dépression, d'envie d'en finir...a vrai dire j'ai dû mal à comprendre...
Je m'étais forgée une force, une vision de la vie, peut-être un peu trop floue, un peu trop fausse.
Ca a commencé bêtement, tres bêtement. Parce que je croyais l'aimé, lui, que je ne connaissais même pas, qui ne s'interessait pas à moi non plus...et parce que lorsque j'ai compris que c'était finit avant même d'avoir commencé, c'est mon coeur qui s'est retrouvé arraché à moi.
Pas encore 17 ans et déjà l'impression que je n'avais pas le droit au Bonheur...c'est triste.
Et puis le mois suivant cette déchirure,une autre qui survient sans crier gare....
Un certain 26 août 2005 je l'ai décidé, demain sera mon dernier jours sur cette foutu Terre où rien ne m'attends, il ne m'aime pas, je me sens seule et rien ne va, pourquoi lutter ??? Alors j'écris, j'écris aux gens que j'aime des lettres qu'ils ne liront jamais, je pleure en regardant mon père dormir dans le salon...pourvu qu'il ne me deteste pas...J'ai tout planifié, je sais comment et a quel moment de la journée. Demain je serais libérée.
27 août, je me traine jusqu'au salon pour prendre mon dernier petit déjeuner, j'essaye de sourire pour laisser une belle image...et puis mon père qui vient s'assoir près de moi, le regard triste...quoi??
Je ne comprends pas...
"Pépé est décédé"
Nooooooooooooooooooooooon ! Non par pitié pas lui !! J'ai la gorge nouée, impossible de parler, les larmes envahissent mon visage, je ne peux plus faire semblant...on m'arrache encore un bout de moi ! Pourquoi lui, pourquoi aujourd'hui ?
Je me retrouve seule à la maison, je jette mon plateau, me laisse glisser à terre et me roule en boule, j'ai tellement mal, mal à en crever..."Crever" tiens, c'était mon programme aujourd'hui...mais je ne peux pas, il faut que je lui dise au revoir, que je ne l'abandonne pas, je veux qu'il revienne...mais c'est impossible.Je savais que ce jour viendrait mais j'ai cette impression horrible que quelque part il a "su" que je voulais partir et qu'il a abandoner son combat, lui qui a survécu à la guerre et à près de 100ans de changements...La vie est une pute !
De là c'est la degringolade, pour moi tout est faux, tout est souffrance...et pour oublier la douleur psychologique ma seule issue est de renforcer la douleur physique que je m'inflige déjà depuis ces derniers mois.
Mes poignets sont rouges, rouges de honte, rouges de colère, rouges de trop bien savoir se taire.
Rouges de sang...
Les jours passent,nouvelle étape, nouvelle classe...mais tout casse.Des le début je baisse les bras.
Je me renferme, je crie au secour en envoyant des coup à tous ceux qui m'entourent.
Je leur reproche leur ignorance alors qu'ils font tout pour briser mon silence.
Je les appelle à l'aide et les rejettent à la moindre main tendue.
Je veux disparaitre mais je veux qu'on m'en empêche.
J'ai la rage au ventre, la haine au coeur...mais par dessus tout je crève de peur.
Chaque soir en rentrant chez moi, je rêve qu'une voiture me percute.
A chaque bain que je prends, je voudrais m'endormir et me noyer.
Tous les soirs le même rituel : mutilation encore et toujours...
J'ai commencé avec les mines de mes stylos que j'enfonçais dans mes veines, puis le compas, le ciseau mais très vite c'est la lâme de rasoir qui devient ma seule amie.
Dans ma chambre, enfermée dans le noir, je regarde s'échapper mon sang comme s'échappe un peu plus chaque jour la vie & l'espoir qu'il me restait...
J'ai mal, je pleure et j'hurle, la tête enfouie dans l'oreiller...
Je ne dors plus, je ne vis même plus, c'est à peine si je survis encore...
Et il aura fallu que la plus précieuse des mains tendues me dise qu'elle allait finir par me lâcher, pour mieux se protéger, pour qu'enfin je me raccroche à une dernière corde, celle du chemin vers la guérison...
celle de l'Amitié.
Ne négligé jamais vos amis, ni la valeur de la vie...on se rend malheureusement compte beaucoup trop tard de tout ce qu'on a perdu